Ne pas être dans son assiette

Naturellement on mangea très longtemps à même un plat commun posé sur la table. Cela jusqu’à une époque tout à fait récente dans les classes les plus pauvres de la société. L’assiette individuelle ne date que du début du 16ème siècle. Quant à la fourchette, qui existait déjà mais pour des emplois rares, elle fut mise en usage quelque temps plus tard à la cour de Henri III et de ses mignons qui portaient des « fraises » (sortes de cols en dentelle) si larges qu’ils ne pouvaient atteindre leurs lèvres sans l’aide de ces petites fourches, dites fourchettes. Ces fourchettes furent d’abord jugées comiques.

 

Car ce qui importait à table c’était l’assiette, c’est-à-dire la « position, la manière d’être posé ». c’est là le sens propre et ancien du terme « assiette », dérive du même mot latin que « asseoir » et « assis », celui que l’on emploie encore lorsque l’on parle de la bonne assiette d’un cavalier, ou lorsque l’on parle d’un pilote qui corrige l’assiette de son avion, sa position horizontale.

 

Le mot désignait dans le même esprit, la situation, l’emplacement d’un bâtiment ou d’une place forte.

 

Claude Duneton (La puce à l'oreille)